Côte cassée et à l'ancre

Vendredi 2h30, ATIKA ancré dans le port d'HORTA au milieu d'une myriade de
voiliers faisant une ultime escale avant l'Europe.
Dernier incident, on ne pouvait arriver safe : dans les derniers miles, une
heure avant l'arrivée, une vague de travers, François perd l'équilibre et
se casse une côte sur l'angle de la descente. 10 mn sans pouvoir respirer,
tout le monde aux petits soins, douloureux, mais c'était pour se faire
plaindre par ses chers équipiers.
Réellement cette fois, nous vivons le dernier épisode de cette belle
transat, assis dans le cockpit admirant toutes les lumières qui nous
entourent et stupéfaits que le bateau ne bouge plus. Incroyable, nous
allons nous reposer sans quart.
Demain peinture sur le quai de "ATIKA", au milieu des noms des prestigieux
grands voiliers qui ont fait escale dans ce lieu mythique.

Jeudi 31, dernier courrier depuis la mer

Épilogue de Roland:

 Le der des ders, dernier courrier depuis la mer

Bonjour à tous,
Nuit normale à bord, la dernière complète, en effet notre ETA est prévue vendredi vers 03h.
Les quarts succèdent aux quarts, 2h la nuit 3h le jour.
Ce matin, temps clair, tjs 22 - 25N de vent, 2ris, un peu de foc roulé et une belle mer houleuse de 3 - 4m de haut , mais qui nous parait plutôt plate.
Les lignes sont remontées, nous allons trop vite, et juste remonter le leurre ressemble à pêcher une bonite de 5kg.

En fait avant hier, le routage maxsea nous donnait 12h à la cape,(bateau bleu immobile et vertical) je n'avais jamais vu ça dans aucun routage.
Et à vrai dire je ne savais pas si c'était un bug du logiciel ou autre chose, maintenant je sais !

Position à 12h TU 37°29N 30°33W DTA 112m
En fait, le bateau a 2 positions de surf :
1) soit en descendant la vague, le nez en bas, il est lancé par la vague, ayant tendance à se planter dans la vague précédente,
2) soit sous la force des éléments, plus régulièrement, le bateau décolle, les
étraves hors de l'eau, posé uniquement sur l'AR des coques et il va très très vite 27- 29 Nds.
Dans les 2 cas on ressent une bonne stabilité de forme et de route, on ne sent
pas la limite "d'adhérence", mais on ne sait pas où elle est....
Et je comprends que les pros puissent pousser ces coques bien plus loin que
nous.

La terre approche,des oiseaux moins voiliers que ceux du large nous survolent,
mais ce ne sont plus les pélicans de St Martin qui tournaient à l'entrée du lagon pour pêcher les bars qui nourriraient leur famille,
Ce ne sont pas non plus les aigles qui pourtant figurent sur le pavillon national des Açores.
Non,ça ressemble à des Puffins ou des sternes.
On a croisé une autre baleine,pas de doute on approche d'Horta où jusque dans
les années 60 les açoriens partaient pêcher la baleine "à la main" , au harpon, à partir de
baleinières éffilées d'une dizaine de mètres,certes remorquées sur les lieux de pêche par un petit bateau à moteur, mais qui se manoeuvraient ensuite à la rame pour approcher la baleine dans le calme et la harponner.Et commencer ce combat terrible et dangereux.

On commence aussi à évoquer le fameux "café sport", connu dans le monde entier
des marins,où tous les grands sont passés, (à commencer par Slocum, mais lui, pas chez Peter ) et où l'on refera notre traversée et le monde, la bière à la main, au milieu du brouhaha de marins de tous les pays du monde.
Puis la terre nous reprendra, le bonheur de retrouver ses proches, puis la vie....
On ne vous dit pas à demain,
Merci de nous avoir suivi,
Pour nous, c'était BEAU

Arrivée

Dernier bulletin du large:

Nous approchons rapidement de Horta et nous arriverons à 3h du matin en
nous mettant à l'abri dans l'avant port. ouf!
Actuellement encore à 80 miles de l'île, en vent arrière, sous 1 ris et
voiles croisées. Le vent varie rapidement, de 15 Nds à 35 Nds en 1/4h et
fatigant à gérer. De belles vagues nous suivent et nous rattrapent, 4 m
environ, mais rien à voir avec les 7 (ou 8m? ) d'hier matin.
Le cata a été extra dans ces conditions en restant sur des rails sans
presque jamais d'embardées plus ou moins dangereuses à plaine vitesse.
Notre expert à bord Roland le qualifie de "voilier d'exception" et le
compare à "un jeune chien fou qui bondit et joue avec les vagues".
Tour de même pas mal de casse, même mineure : génois partiellement déchiré;
bastaques abimées, drisse  GV explosée, taquets HS, poignées winchs
envolée; cadénes arrachées, poulies éclatées, manilles et axes inox de 10
mm tordus... bref, le normal ! Heureusement Alain et Valérie ont pu sauver
ce matin -h l'annexe que les vagues remplissaient et arrachaient.
Pointe à 20 nds pendant que j'écris. IL faut s'accrocher. Tout baigne!

Fg et tout l'équipage d'ATIKA avec des souvenirs inoubliables.
Une sacrée équipe pendant ces 12 jours !
Position 17h TU: 37°50 N   29°49 W. 



PS à 17H30 TU, à 55 M de l'île Faial des Açores, venons d'apercevoir une énorme baleine à environ 150m sur tribord. Nous la doublons tranquillement tandis qu'elle continue son chemin, imperturbable. 
Nous aurons vu tout ce que nous souhaitions. Manquent les redoutables orques à notre tableau, mais pas grave !

petit billet pour l'évenement d'hier (Alain)

Chapitre : "Spi à la mer et montée au mat"
Nous avons omis de vous faire vivre un nouvel épisode hier après midi. Nous
étions en train de suivre le jeu que Valérie et Alain adore "On change de
spi !" et avons finalement monté le grand spi lourd de 200 m2.
Le vent ayant légèrement tourné, notre barreur a du mal à trouver le
meilleur cap et en conclut que le vent devenant trop important, il fallait
changer de stratégie. Mais...tout d'un coup ce spi part en torche (une
manie sur cette traversée) mais cette fois-ci heureusement de jour. Nous
tentons quelques manip pour réussir à le remettre en ordre pour préparer sa
descente. Valérie, François, et Roland sont à l'avant, Jean-Pierre à la
barre. Alain commence à tirer sur la chaussette lorsque le haut du spi
lâche.
Incroyable, nous regardons tous les 4 la scène comme au ralenti, n'en
croyant pas nos yeux. Avec le vent le haut du spi et la chaussette volent
en avant du bateau pour se poser sur l'eau et s'enfoncer. François se
précipite et se couche sur le spi. Action, réaction, on met en route les 2
moteurs, le spi est au 3/4 étalé dans l'eau et commence à passer sous le
cata, François, Valérie et Alain s'accrochent au reste de spi sur le filet
avant pour tenter sa remontée. Jean-pierre met les 2 moteurs à fond en
marche arrière pour dégager la voile qui s'enfile autour de l'avant
tribord. On arrive à saisir la voile sur un coté pour le remonter à bout de
bras et faire que la poche d'eau de plusieurs m3 se vide.
On n'y croyait pas, le spi était perdu mais finalement au bout de 20 mn,
Roland et Alain attrapent la chaussette dans l'eau et la remontent. Exténué
tout le monde est ravi, le spi est miraculeusement sauvé mais lorsque l'on
analyse pour comprendre le haut du spi remonté à bord, il n'est pas
endommagé! Nos regards se dirigent alors en haut du mat pour constater que
le mousqueton d'attache est tout emmêlé dans les drisses en haut à 23
mètres.
Une seule solution, calmer le bateau au maximum et monter au mat là-haut
pour rattraper la drisse et la redescendre, or ça bouge beaucoup. Alain est
désigné, (normal c'est le plus léger à monter !!!). Jean pierre ralentit les
moteurs pour stabiliser au mieux, François et Roland au pied du mat pour
tirer la drisse et hisser Alain, Valérie surveille la montée pour qu'il ne
s'emmêle pas dans les cordages. Les mouvements sont brutaux et de plusieurs
mètres en haut à 23m au dessus de l'eau. La montée est lente, façon koala,
Alain s'agrippe au mat en montant pour éviter que la nacelle fasse
balançoire. Arrivé en haut, surprenant, le mousqueton tenant le spi s'est
détaché du spi, emmêlé dans la drisse pour se refixer tout seul sur une
autre drisse ! Mais tout va bien, Alain redescend avec et l'heure de
l'apéro approche.

Il est 19h30 TU, le vent est remonté à 30 noeuds, nous reprenons des ris
pour la chaude nuit qui s'annonce. Mais rien à voir avec celle d'hier,
Roland qui a 40 ans de voiles et de compétitions avoue qu'il ne se rappelle
pas avoir vu ça!
Position 36°09 N et 32°56 W. restent 250 M à parcourir (24H?)
"ATIKA le TGV"

Tempête Atlantique nord. mercredi 11h TU

Position 35°30 Nord ; 34°00 W

Des news pour éviter toute inquiétude:
Cette nuit , très dur avec rafales 40 Nds, vagues de 5 à 6 m et mer presque
blanche s'aplatissant avec le vent arrachant la crête des vagues en longues
trainées d'écume. Splendide !
Petit matin difficile, les vagues éclatant sur l'arrière remplissant et
menaçant d'arracher l'annexe. 1 heure à 3 pour la sécuriser aussi bien que
possible, sous une pluis glaciale battante, et ça semble aller.
Un surf à 29 Nds en dévalant une vague, pointes à 26 - 27 Nds régulières...
puis le vent est subitement remonté à l'ouest et nous avons empanné pour
éviter les vagues de travers en passant sur bâbord amures et ENFIN route
directe sur les Açores.
Maintenant tout va mieux, le vent se calme à 22 Nds et les vagues de
l'arrière paraissent plus souples. Le cata glisse toujours très vite mais
sans souffrir. Thé bouillant pour se sécher et 3 sur 5 dorment enfin.
Roland a aperçu une baleine à une centaine de mètres tribord. Jean-Pierre
en ce moment à la barre. Ca tape tout de même encore très fort et
l'intérieur du cata semble ravagé. Un bon rangement va être utile!
Nous filons donc directement sur le port d'Horta. Distance restante 310 M
(570 km) que nous devrions parcourir en moins de 30 heures.Il fait enfin
beau et tout baigne.

François pour ATIKA

Tempête

ATIKA 4H00 du matin. Dans le sud de la dépression qui nous frôle. Nous pensons aux autres au nord dans leur monocoque A 35. Ce doit être dément.
Nous : Voilure réduite à 3 ris et nous venons de rouler le foc en ne laissant que 1m2 pour stabiliser l'avant. Ca va très vite, la vitesse constante fait peur avec régulièrement 25 Nds et un long surf à 28,5 Nds dans une vague, mais malgré ceci nous restons bien à plat, les 2 coques fendant l'eau et laissant un sillage impressionnant dans la nuit avec des gerbes d'écume.
Prochaine étape si ça s'amplifie, nous abattons toute la voile. 
Attachés dans le cockpit. Quarts toutes les 2 heures. Attente du petit jour dans moins d'une heure, le cata tient incroyablement, on dirait qu'il est sur des rails !
Pas d'inquiétude.

C'est parti !

C'est parti !
Soirée du mardi et nous commençons à toucher la dépression. Pointes
régulières d'ATIKA, heureux, à 23 nds dans l'après midi et même 24,5 en
soirée avec de folles embardées dans les vagues qui commencent à se former
avec un vent qui monte vite.
Pris 2 ris dans la voile pour maintenir la sécurité de route avec réduction
du génois roulé d'un bon tiers et toujours aussi vite. Pointes à 20 Nds
dans les vagues qui atteignent maintenant 4m et dépassent l'horizon. Mais
la nuit est tombée, donc on ne voit plus rien. Le bruit des étraves qui
fendent l'eau, le glissement de l'eau sous les coques, les vagues qui
tapent à pleine vitesse la nacelle et les vibrations du bateau dès qu'il
dépasse les 18 Nds sont envoutantes.
Le routage météo prévoit de mettre le bateau arrêté 6 heures à la cape
pendant le passage de la dépression cette nuit. Jamais encore vu ! Pour
nous l'essentiel est de garder de la vitesse. Nous allons probablement
reprendre un 3ème ris par prudence et rouler encore le génois.
Inspection dans tout le bateau pour tout attacher.
Tout baigne. Aprés l'apéritif rituel orchestré par Roland, nous nous
mettons à table avec pâtes bolognaises préparées par Valérie et Alain et
bons vins.
" on est un peu soulots mais pas encore sous l'eau!"
A demain
ATIKA

Arrivée dans 2 jours 1/2 aux Açores
Position: 34°45 N  36°40 W 

Mardi

Bonjour, vent calme cette nuit sauf du 30 Nds momentanément sous un grain.
Toujours en vent AR, faible en ce moment à 15 Nds, et nous progressons lentement en commençant légèrement notre remontée vers le nord sous spi lourd car le vent doit forcir dans l'après midi.
Hier soir, grande vitesse sous geenaker, 17-20 nds, et soudainement la ligne bâbord se déroule avec une grosse prise, un gros thon musclé probablement. Nous cherchons à freiner le bateau en lofant mais les voiles claquent dangereusement, prêtes à se déchirer, tandis qu'Alain arcbouté et cramponné lutte avec son poisson. Qui va gagner ? Mais hélas François veut sauver ses voiles et abat ce qui fait reprendre de la vitesse. La ligne casse net, le poisson s'échappe, Alain pleure son poisson mais est toujours avec nous. Contrôple de la 2ème ligne également cassée net. Adieu nos sashimis !
Pronostic d'arrivée , impossible car la dépression arrivant fausse tout le système météo local. Elle devrait toutefois d'après les dernières météo seulement nous effleurer vers 6h00 demain matin. Nous regrettons presque les visions de déferlantes auxquelles nous pensions secrètement... Donc arrivée jeudi dans la journée à Horta(dans ce cas traversée en 12 jours!) dans le nuit de jeudi à vendredi plus probablement... Il est temps car plus de pastis à bord !
(François) l'équipage d'ATIKA

Un lundi actif

Ici difficile et fatiguant avec des calmes comme cette nuit puis des grains
et des rafales puis du calme  puis des vagues un peu dures comme en ce
moment. Vitesse 17-18 Nds en grand largue, vent 20-25 Nds, dans les moutons
avec le geenaker... Nous réduirons peut-être avant la nuit mais nous
voulons avancer le plus possible avant la tempête qui nous touchera dans
36h, mardi dans la nuit sauf évolution. Mais peu inquiets, enfin pas trop,
car le gros passera un peu plus au nord. ouf! Nous nous imaginons les mers en
chaotiques et d'enfer dans le livre "navigation par gros temps" !
Nous avons des problèmes de drisse de grand voile qui s'allonge et va
casser. reprise en direct et non moufflé dans la nuit mais le problème
s'amplifie. Nous remplaçons la balancine de voile par une drisse pour se
dépanner si ça casse dans de mauvaises conditions météo. Valérie sur
conseils de Roland fait une surliure pour remonter les drisses bout à bout
à l'intérieur du mat.
Toujours très actifs et pas un instant de répit. Restent 750 Miles à
parcourir (4 jours, 3 1/2 ?).
Roland reprend les cartes météo toutes les 6 heures, Jean-Pierre surveille
à la barre, bientôt le déjeuner, notre Maître cuisinier Alain nous prépare
des "pâtes s'il vous plait" (avec beurre et emmental et lardons parait-il.
On verra? )
Voilà notre quotidien...
Blague anglaise du jour: le voilier en course, c'est s'asseoir en ciré sous
une douche froide avec un jet d'eau permanent dans la figure, et déchirer des
billets de 50 £ le plus vite possible" !
Bye François et l'équipage

Billet du dimanche par Alain



Une journée démarrant à 0H01, nous allons nommer ces premières heures : 
"Les fourberies du spi asy!"

Les quarts se déroulaient dans la nuit, avec un bon vent apparent qui
oscillait entre 15 et 20 nœuds. Nous avions monté (nous voulons dire les
slaves Valérie et Alain avaient monté avec un plaisir non dissimulé le spi
asymétrique d'une surface de l'ordre de 180 M2 (une belle petite maison en
surface habitable!)).
Tout allait bien, nous avions depuis le début de la soirée retrouvé des
vitesses appréciables avec un 14/15 nœuds de moyenne voir pointes à 20
noeuds.
La dépression nous suivait, les grains étaient de plus de plus fréquents
passé minuit, nos quarts se déroulaient sous la pluie avec les bonnes
tenues bien imperméables. La mer était un peu mouvementée, mais en vent
quasi arrière nous surfions sur les vagues, sentiment très agréable de
vitesse sans être trop chahuté, avec vers 22H un nouveau dauphin venu
s'amuser dans le sillage à l'arrière du bateau pour nous faire quelques
sauts.
Mais à 4H55 Alain crie "le spi s'emballe et part en torche". Valérie
également de quart saisie la drisse pour le retendre. François qui venait
de nous laisser pour aller prendre un peu de repos revient. Il prend la
barre, Valérie bondit sur l'avant du bateau , Alain la suit pour la
sécuriser et l'aider à mettre la main sur ce spi devenu fou. Impossible de
reprendre la main à l'avant aussi simplement que souhaité, tout s'emballe.
Le renfort arrive, Jean Pierre prend la barre et Roland étudie la situation
quelque peu complexe. Valérie et Alain s'affairent à attraper le spi par le
bas pour qu'il se dégonfle, François nous rejoint, chaque nouveau petit
souffle de vent regonfle le bas du spi, prêt à nous emporter en l'air.
Il est impressionnant de constater la puissance, la force monumentale et ultra
rapide que prend  même un tiers de ce spi quand il se gonfle (d'ou je pense
l'expression "ne pas faire le poids" ou encore "tu ne fais pas ton poids
!". Valérie essaie avec un bout de ficeler le bas du spi, Alain et
François sont aplatis sur une partie du spi sur l'avant et s'accrochent au
fil de survie fixé au filet avant, pas le choix, il ne faut pas le laisser
partir au risque de le perdre. Et ce sans oublier une bonne grosse pluie
bretonne qui s'abat sur nous.  Valérie avec Roland déclenchent une nouvelle initiative, faut
le descendre, c'est parti, on s'accroche, il commence à descendre mais reste
emmêlé au milieu avec le foc avant par la drisse de la chaussette du spi
(pour les non connaisseurs, la chaussette est une poche de la longueur du
spi dans laquelle on enfile le spi pour le rabattre et le ranger).
Cela nous aura pris une bonne heure et demi pour abattre ce spi devenu fou,
nous sommes totalement épuisés, incroyable le niveau d'énergie à concentrer
pour ce type de manipulation par mer agitée sous pluie battante. Personne
n'est tombé à l'eau, le risque majeur qui nous pendait au nez, Valérie,
François et Alain restaient toujours très proches pour s'agripper l'un à
l'autre et éviter une glissade. Chacun rentre au chaud totalement trempé de
la tête aux pieds pour prendre une bonne douche chaude et se faire un bon
thé du matin, sans oublier l'orange pressée. Mais à l'inverse des
précédents petit-déjeuners, celui-ci a sonné l'heure d'une sieste bien
méritée pour attendre quelques heures, reprendre une météo et prendre les
décisions qui s'imposent.
Ce dimanche, après le réveil de notre sieste utile, le temps se calme, le
vent à chuté, soleil jusque 14H pour passer à nouveau sous la pluie. Nous
avons pu heureusement apprécier un riz cantonnais fait par Valérie en
terrasse avant la grisaille. Vent de 2 noeuds, donc nous avançons au
moteur, sous la pluie.
Plus que 820 miles à parcourir, et toujours pas vu madeleine.
(Alain)

Position : 33°55.63N et 44°04.56W, cap au 87°. 
Bises à tous :-) (Valérie)


Petit matin difficile

Horrible nuit ! est le mail que nous a envoyé le bateau de Gauvain plus au
nord avec vent de face et trombes d'eau. Ils sont plus au nord et vont
prendre la dépression dans 24h. Avec un bateau de 10m!
Presque idem pour nous. Hier soir sur une prévision calme nous avons
commencé la nuit sous spi asymétrique. Mais le vent a forci brutalement et
trop dangereux d'aller à l'avant descendre ce foutu spi. Exercice de gilets
gonflants, harnais de sécurité, lampes flash de secours pour y aller mais
vraiment risqué. Alors nous avons  décidé à l'unanimité de tenir jusqu'au
petit jour 5h30 avec tout l'équipage à l'avant, moteurs en route pour
freiner...
Et toute la nuit, Longues glissades parfois à 20 Nds dans le noir absolu.
Un cargo croisé très près en route de collision mais le vent change
brutalement et il passe assez loin derrière.
Attente anxieuse de l'aube mais 5hh00, catastrophe, le spi s'enroule 5 fois
autour de l'étai avant et d'une drisse folle. Jean-pierre a la barre avec
les 2 moteurs à fond pour réduire le vent apparent, nous sommes en vent
arrière, et nous 4 sur le pont avant sous des trombes d'eau cherchant avec
les lampes à déméler les drisses. Ce foutu spi de 150m2 nous l'avons ramené
cm par cm sur le pont en se couchant dessus et en se tenant à la ligne de
vie pour ne pas qu'il se regonfle en nous soulevant.
6h15, aprés une heure d'efforts, fatigués, le spi dément est attaché sur le
pont et nous revenons à l'AR frigorifiés et trempés à tordre. Génois
relancé pour ne pas perdre de temps, thé bouillant et mini douche chaude.
Ouf ! Qui veut venir avec nous ?
Epilogue. 6 heures aprés, dimanche 12hTU, le vent est tombé, marche au
moteur, plus rien ! nous séchons tout et rangeons le pont, ti-punch,
Valérie nous a préparé un riz chinois au soja, un bon rosé et le moral est
revenu ! Fou rires dans le cockpit sur ce petit matin...
dimanche. François pour ATIKA

Vendredi et Samedi



Vendredi 25 mai AM, un épisode inattendu que nous nommerons : "Le grand
bleu et ses ailerons".
Tout commença vers 15H après bien entendu un bon déjeuner, un peu de voile,
de spi à monter et descendre pour Valérie et Alain lorsque notre capitaine
François soudainement suggéra une baignade, la dernière ... réaction
unanime de tout l'équipage toujours au milieu de rien, de cette galette
océanique sans fin par 5000 mètre de fond, allons-y. Mise en place d'un
bout de sécurité pour remonter au cas où; Jean Pierre reste sur le bateau, et
voilà notre François dans l'eau, suivi de Roland et Alain dans un grand
bleu extraordinaire. C'est alors que Valérie nous rejoint avec sa main dans
un sac plastique bleu (un peu gênant pour les avions qui nous survole, mais
pas le choix pour ne pas mouiller sa blessure). Après une dizaine de minutes
de nage par 20 mètres aux abords du bateau, 8 ailerons apparaissent à
l'horizon. Il est vrai que dans cette immensité pleine de vie, les animaux
marins ont vite tendance à faire preuve d'une grande curiosité, voir
parfois d'appétit. Donc sans attendre, tout le monde au cordage pour
remonter illico, plus rien à l'horizon et lorsque le dernier pied fut mis
hors de l'eau, les ailerons re-surgissent sous le bateau ...
ce que vous venez de lire est le scénario que nous avons décidé d'écrire
pour les dents de la mer N°4, mais la vérité n'est pas très éloignée, vous
allez voir. Ne nous en veuillez pas pour ce petit passage d'angoisse
intense :)).
Nous nous sommes en effet baignés à 1800 km de tout littoral, personne à
l'horizon, je vous l'assure, pas un baigneur et une mer à 22°. C'était
extraordinaire mais sincèrement nous n'en menions pas large, et au bout de
10 minutes et un peu froid nous sommes remontés. Puis avons repris la route
(les fameuses routes qui font l'objet de grands débats entre nos 2
navigateurs de talents)et même pas 5 mn après notre remontée, Valérie nous
crie, j'ai vu un poisson sauter droit devant, en guise de poissons, il
s'agissait de 8 dauphins qui nous avaient repéré pendant notre baignade et
venaient nous rejoindre pour jouer et naviguer avec nous à l'avant du
bateau pendant une dizaine de minutes en rasant les étraves. Une scène extra
avec des places VIP sur l'avant d'Atika.
Bref à nouveau une très belle journée, mais cette fois ci Jean-Pierre n'a
pas touché au chocolat (ouf), Roland recalcule les heures et déclenche
l'apéro et pour fêter notre arrivée à mi parcours, François nous sort un
bloc de foie gras du frigo avec un demi Sauternes grand cru bien frais.
Puis nuit calme, avec nos quarts respectifs toutes les 2 heures.
Petits focus sur les quarts avec un merci collégial à Roland qui a initié
cela. Chacun se trouve en binôme de quart 3H en journée, et 2 heures de
nuit. Etant 5, nous devons parfois faire des quarts rapprochés avec
seulement 2 H de sommeil au lieu de 4 et là se déclenche la magie solidaire
de l'humanité ... en effet, on triche un peu pour rendre service à l'autre,
lorsque l'on n'a pas trop sommeil, on empiète pour réduire le temps du
suivant, c'est cool.
Ps : nous n'avons toujours pas vu Madeleine...
Samedi 26, réveil en fanfare.
Roland étant de quart de 4 à 6H prolonge son quart et laisse Alain dormir
dans le carré. Nous avions laissé nos 2 lignes tendues lorsqu'à 7H, bzziii
c'est parti, Roland tente de réagir, Alain bondit de son sommeil et paf,
c'est une bonite de 3 kg pour notre déjeuner. Alain remercie Roland pour
son heure de sommeil gagnée, lequel suggère alors de monter le spi
asymétrique pour gagner un nœud. Conclusion, Alain ne se lèvera plus pour
relever les lignes la nuit, la règle est claire : un poisson remonté, un
spi à monter !!
Jean Pierre se réveille et prend la barre, grand calme au milieu de
l'océan, nos co-équipiers poursuivent la nuit jusque 10H.
Roland fait les calculs, il nous reste 932 miles à parcourir, le ciel se
couvre derrière nous, nous surveillons de prêt la dépression, une longue
houle significative commence à apparaître....
Une heure plus tard 1er grain qui passe sur notre bâbord et rafales
immédiates. La vitesse explose avec de longs moments à 17-18 nœuds et une
pointe à 21. Une heure après, calme presque plat, nous descendons le spi
pour marcher sur un moteur et recharger les batteries. 1/2 heure après, le vent
reforcit et nous remontons le spi. Voici notre vie à bord !
Nous avons bien sûr mangé le thon à midi en sashimis avec wasabi, gingembre
confit et
soja (merci Isa, j'en profite pour te dire que je pense à toi :-))(Valérie).

la suite au prochain épisode...

Jour 6 à la recherche du temps perdu (Roland 24/05)

Petit bug de réception ? : Message reçu samedi mais daté de jeudi :
à 12h Tu :32°13N 54°21W  DTA 1355m Atika a parcouru 157m
On monte au N pour contourner le fameux anticyclone, qui prend un malin
plaisir à changer de forme toutes les 6h.
Tel les volutes de la lampe d'Aladin, il ondule danse glisse,se fait mince
puis grossit pour se faire finalement insaisissable.
Les manoeuvres de spi n'ont pas le temps d'aboutir : à peine hissé, il
faut en changer :plus lourd, moins lourd, plus plat plus creux, gennaker,
drifter génois, moteur puis spi plus lourd moins lourd ...
Il faut réajuster la nav en permanence et rester sur le qui vive.
La pétole nous colle aux voiles, et cet après-midi nous courons après le
temps perdu?
Jean-Pierre lit Confucius : un sage lit un Sage.
Distractions du jour :nous croisons 2 cargos, et un peu après, plus
poétique une grande raie manta qui se prélasse près de la surface.
Nous recevons aussi des nouvelles d'un A35 parti 2 jours avant nous,il
progresse bien vers le Nord. Nous espérons le retrouver à Horta
A demain

Nouvelles du jour (par Alain)


Hier jeudi fut une journée particulière, au sein de l'anticyclone, chacun y
allait de sa trajectoire, de sa route, de grands échanges entre Roland et
François. Jean-Pierre pour sa part, serein installé à la barre changeant
discrètement de cap pour prendre du vent (genre direction Dakar!) et les 2
quadras (Valérie et Alain) à l'avant en plein cours de stretching en
exécutant les dires des uns et des autres. Pour vous permettre d'imaginer
un peu la scène, nous avons dû hier en l'espace de 3 H envoyer et affaler 5
spi, sans oublier le fait de sortir les gros sacs de spi de leur cachette à
bâbord (si certains d'entre vous comprennent cette scène d'esclavagisme
forcené que nous avons vécu,vos pensées nous viendront droit au coeur) .
Jean-Pierre pour sa part s'est mangé 80% d'une tablette de chocolat aux
noisettes en attendant que cela passe.
Mais après ces heures d'incertitudes, tout à changé vers 17H. Roland a
chargé une nouvelle météo qui nous a annoncé l'approche d'une belle
dépression avec des vents à 40 noeuds par le nord, et là, le grand débat
public entre François et Roland prend fin immédiatement. Les pointes
d'humour disparaissent, le sérieux reprend le dessus au profit d'une
stratégie unique  : sécurité avant tout, on valide une route à 71° au
moteur pour gagner un peu de temps dans l'anticyclone et laisser la
dépression nous rattraper le pus tard possible.
Pour finir cette journée et surmonter la nouvelle de cette dépression, nous
avons donc choisi le remède de l'apéro sans ordonnance avec notre bon
jambon fumé toujours bien attaché en cuisine et tout allait mieux
(d'ailleurs à tel point qu'après le diner, nous avons adapté la stratégie
Bailleys avec glaçons).

Après une nuit calme au moteur chacun a pu apprécier ses oranges pressées
du réveil pour le plein de vitamines et hop, Valérie et Alain de retour
devant pour monter le grand spi, Jean Pierre à la barre, François aux
commandes, Roland en soutien de contrôle et là, une voilure magnifique
de 250 m2 prend place au milieu de cet océan interminable pour atteindre
des pointes à 15-16 nœuds.

Donc désormais, everything is under control jusqu'à ce soir, nouvelle météo
except les poissons : c'est la cata, Alain a pêché un barracuda mercredi
soir, un petit mètre mais trop fin pour être mangé, nous l'avons remis à
l'eau. Les lignes sont tendues.
En attendant nous sommes preneurs si l'un ou l'une d'entre vous peut nous
envoyer un ouvre boîte par DHL, ce sera plus pratique qu'au couteau (eh oui
un pirate est passé nous piquer l'ouvre boîte par erreur).

Pour finir, nous n'avons toujours pas vu Madeleine.

Bises à tous,
ATIKA II
PS : ce soir nous aurons dépassé la moitié du chemin, donc foie
gras/sauterne.
POSITION A 18H TU : 33°55N et 51°02W

Magie d'un anticyclone

Bonjour à tous.
Nous sommes entrés hier soir dans l'anticyclone, le vent tombant
progressivement et la mer s'aplatissant. Le ciel au coucher de soleil est
devenu féérique, illuminé d'un vert clair et pur que nous n'avions jamais
encore vu. Sous un moteur tribord au ralenti pour ne pas troubler le
silence de la nuit tombante, le bateau glissait sans vent et semblait
s'enfoncer dans un élément inconnu, légèrement brumeux et presque trouble.
Nous nous sommes assis tous les 5 sur le pont avant, étonnés et séduits de
cet instant magique que nous ne pourrons oublier. Le cata glisse sans
bruit en s'enfonçant dans le noir inconnu tel un tapis volant, dixit
Valérie,et les étraves fendant l'eau deviennent lumineuses avec les
planctons phosphorescents. Soirée magique assis sur le pont une partie de
la nuit.
Une nuit calme!
Aujourd'hui 5éme jour depuis notre départ de St Martin et nous approchons
de la moitié de notre trajet. Matinée consacrée aux manœuvres: descente de
la voile pour fixer des pennons et profiter des cours de Valérie sur les
réglages en finesse des voiles; montée au mat d'Alain pour réparer un feu
avant arraché par le génois lord d'un virement de bord, entrainement du
montage du geenaker puis du spi asymétrique. Roland affine le routage
météo pendant que Jean-Pierre barre.
Le vent revient progressivement, légèrement sur l'arrière, et le spi nous
entraine à 10 Nds avec un vent de 10 nds. Exceptionnel cata ultra véloce
qui glisse dans cette mer presque plate. Que de transformation en quelques
jours, mer séduisante, mer d'enfer !
Nous profitons de cette accalmie pour tout contrôler car le dernier tiers
sera parcouru sous spi symétrique selon une météo prévisionnelle musclée
mais avec un vent dans le bon sens, droit sur l'objectif: les Açores.
Amitiés à tous
François et l'équipage d'ATIKA II

Scoumoune

Longue discussion à l'approche de l'anticyclone :
François, avec hardiesse, et confiant dans ses deux moteurs décide d'en
traverser le coeur, alors que Roland, en vieux loup de mer souhaite
rester sur le pourtour, avec les vents, à la voile.
Le vent tombe progressivement, nous approchons du centre de l'anticyclone
et là, panne du premier moteur; le tribord refuse de se remettre en
route. Qu'à cela ne tienne, démarrage du moteur bâbord et là étonnement il
ne recharge pas les batteries; visite par le capot arrière et là horreur,
il nage dans l'huile.
Pendant ce temps, Alain plié en deux dans le compartiment moteur tribord
resserre les écrous de liaison du bras du pilote automatique qui prenait de
plus en plus de jeu depuis la nuit dernière, ce qui voulait dire plus de
pilote automatique jusqu'aux Açores !
Effort de tous, plus personne ne parle, mais petit à petit tout est revenu
dans l'ordre. Le geenaker est lancé mais le vent tombe totalement. Nous
sommes dans l'anticyclone, ça y est. Notre record de traversée est à l'eau
!
Le dernier problème le plus important, allumage du four pour la dorade,
est résolu !
Les discordances stratégiques se terminent autour d'un double apéritif :-)
Bon appétit et à demain.

Magnifique journée (mardi)

Changement complet de décor aujourd'hui, calme et vitesse qui nous
permettent enfin de faire autre chose que dormir et veiller.
François a repris ses va-et-vient mais cette fois la perceuse à la main :
"Alors ... où je vais faire des trous !". Premier bricolage de la journée
: faire des trous pour pouvoir visser des sangles qui tiendront les
coussins extérieurs. Depuis le début, ces messieurs ne veulent pas
s'assoir sur les banquettes du cockpit sans coussin : "ah non, ça fait
beaucoup trop mal aux fesses !" (Roland). Ensuite, réparation des placards
qui ont souffert pendant ces trois jours de machine à laver. Puis, sous la
supervision de Roland, installation d'un élastique permettant de maintenir
près de l'évier les bouteilles essentielles !
Jean-Pierre est complètement sorti d'affaire : après un bon déjeuner, pris
 à table avec assiettes et couverts (contrairement aux autres jours où
nous mangions, assis par terre, dans un bol avec une cuillère:-)), il a
repris le chinois !
Alain s'est définitivement remis en cuisine pour le déjeuner et pour clore
en beauté cette journée, alors que François faisait encore une apparition
dans le bateau le sourire en coin et la perceuse à  la main, il vient de
nous pêcher une superbe dorade coryphène de presque 1 mètre, qu'ils sont
entrain de découper à l'aide des formidables couteaux en céramique de GG
et David.
MIAM MIAM, à bientôt,(Valérie)

PS : ils ne se sont toujours pas douché ...

Les prévisions météo tiennent leur promesses,la mer s'aplatit , on va
aussi vite avec moins de vent et bcp moins de secousses.
c'est bientôt l'heure de la stratégie : quelle route choisir dans
l'anticyclone pour en sortir le plus vite possible; quelle option retenir ?
tout le monde s'active sur le bateau, mais la médaille d'or du jour
revient à François qui est passé de la réfection du bar à l'aménagement
des coussins du "salon" en passant par les wc (qui occupent tjs beaucoup
sur un bateau)
C'est pourtant Alain qui a eu de la chance : il a pêché la 1ère dorade  de
la traversée
Ce sera un dîner de fête ! (Roland)

Mardi petit matin...

Bonjour à tous
Enfin une nuit plus calme avec une mer qui s'aplanit progressivement mais nous allons toujours trés vite à 11 - 12 Nds en remontant au prés océanique, cap 30-40°.
Toute la voile renvoyée au petit jour mais prudence à cause de la bastaque AR Tribord arrachée. La réparation sommaire semble tenir et  nous reprendrons avec une liaison carbone dés que nous atteindrons l'anticyclone dans 24-36h.
Les bossoirs AR se sont vrillés avec les chocs de l'annexe dans les vagues et reprise au plus tôt dans le calme.
Les 2 lignes sont à l'eau et nous attendons la dorade choriphène ou le thon qui aura le malheur de nous croiser. Hier soir une grosse prise "potentielle" a cassé la ligne. Nous allions trop vite. Next time !
Un solide et copieux cassoulet nous a tous ragaillardi. La preuve, nous nous mettons à l'apéritif après presque 3 jours de jeûne.
Enfin tout va bien avec 600 M en moins de 3 jours au près. Tout baigne! Fg

Coucou,
Tout va mieux avec le relatif plat, plus qu'un mètre de creux, ils repensent tous à manger et à boire mais pas encore à se laver; ah si, Alain, qui d'ailleurs nous a refait des oranges pressées ce matin.
Jean-Pierre est sorti un peu de son hibernation, hier pour l'apéro, avec le sourire :-) Roland philosophe sur chaque taille de taquet et de bout et refait faire tout son bateau à François, dubitatif : "Ah oui, tu crois ?
ok, c'est une bonne idée !". Merci Roland pour avoir entre autre fait la vaisselle pendant ces trois jours mouvementés.
Yannick, je pense bien à toi, tu vois que pour nous c'est beaucoup plus simple ... merci pour les tee-shirts à manches longues, très utiles, j'ai quand même pris sur les jambes ;-) et j'ai moi-aussi une pensée toute particulière pour notre grand ami Jacques.
Bises à tous ! (Valérie)

le bateau est un véritable avion ; très vif très réactif et incroyablement rapide.
on dit que les catas restent à plat, ce n'est pas vrai pour Atika, très voilé et prêt à jouer avec chaque vague comme un jeune chien.
En dessous de 12n on a l'impression d'être arrêté.
Bref, ce n'est jamais monotone.
La bonne humeur et l'entraide de tous font passer les jours et les nuits rapidement et surtout agréablement A demain pour parler des options météo qui se précisent. (Roland)

A 1000Km du littoral, c'est magique,une mer plus calme, sans baigneur ni autres bateaux en vue, sensation étrange, un tour d'horizon 360°, toujours la même chose, la même ligne d'horizon, partout ... mais la terre est ronde et penche un peu ce qui nous fait gagner quelques nœuds en plus du talents de mes camarades navigateurs (trice) qui ne perdent pas un instant pour tout bien vérifier :) une belle aventure, la partie de pêche d'hier s'est terminé avec un joli cassé net, certainement une baleine, on retente notre chance aujourd'hui... Alain



Lundi 11 heures

Bonjour, toujours au cap 50° à 12/14 Nds sous 1 ris car les vagues
deviennent plus grosses (3-4m) mais plus espacées. Impossible de prendre
une douche ou autre.Le mal de mer est encore là, plus ou moins fort. Vous
pouvez nous envoyer des petits mails pour nous remonter, mais le moral
reprend car nous allons très vite (15-17 nds au prés avant de prendre un
ris par sécurité pour tenter de ménager la cata) et dans la presque bonne
direction.
Peggy merci de relayer aux autres adresses, trop long avec les adresses
Dans une heure nous allons tenter des pâtes et saucisses.
A bientôt François pour l'équipage

Nuit Dimanche-Lundi

Bonjour à tous
Encore une nuit un peu dure mais soit le cata tape moins dans les vagues,
soit nous nous habituons. Enfin un repas chaud pris dans un bol: poulet au
safran avec légumes et oignons, un délice. Jean-Pierre toujours bien
malade et Alain n'a pas voulu manger car crainte de nourrir les poissons
au safran. Valérie malgré le mal au cœur dès que l'on est à l'intérieur
est ultra résistante, alors nous essayons de même. Roland imperturbable
trace les routes d'après les fichiers météo. Dans 24h un peu de calme
espéré!
Ce soir a été un peu chaud: poulie du 2ème ris littéralement explosée,
nous sommes donc au 3ème ris bien que j'ai passé une heure dans le creux
de la bôme canoé pour changer la poulie et démêler les bosses de ris.
Puis, plus inquiétant la bastaque AR tribord (soulage le mat) a arraché sa
fixation sur le pont. 2 boulons inox de 19 cassés net !!! Réparation de
fortune par Roland en attendant le petit jour, mais surtout un peu de
calme...
Voilà, toujours en pleine galère, c'est malin, on doit être si bien dans
un lit qui ne bouge pas.
Fg
Samedi 16h nous avons doublé un monocoque de 13/14 m en passant juste à côté,
sous son vent par élégance. Par moment on ne voyait plus que le haut de ses
voiles. Les pauvres, eux aussi !

dimanche 15h. Toujours des petites vagues hachées. Situation effrayante à
bord, mais on l'a cherché. Toujours sous 1 ris dans un force 6 nous remontons
au prés sur une route quasi directe en laissant les Bermudes bien à bâbord.
Nous allons très malgré les vagues avec douches permanentes. Pointes à
16-17Nds avec moyennes régulières à 13 NDS. Mais c'est un shaker permanent.
Dans 36h, nous devrions atteindre des zones plus calmes, alors attendons,
mais on s'en rappellera. FG sur ATIKA II

Départ

bonjour. Partis depuis samedi 13h (nous sommes dimanche 4h du matin) et
nous avançons dans des vagues courtes qui font énormément taper le cata.
Pas mal de vent 25-28 Nds et nous marchons à 11-13 Nds car réduction à 2
ris pour la nuit (et pour nous ménager car difficile). Quelle nuit !Notre
route est très bonne à 30° ouest, heureusement car que sommes nous venus
faire dans cette galère!
.... Trop dur d'écrire. Fg

Départ pas si imminent (Valérie)

Coucou! Comment allez-vous ? De notre côté, tout va bien, nous avons tous hâte de partir ... Le pont de Simpson Bay s'ouvre dans 20 mn et l'électricien est toujours entrain de s'acharner sur l'installation des nouvelles batteries ... Ce matin, petits exercices de couture (réinstallation de la ligne de vie sur tribord, réparation du taud de gv, nouveau pavillon jaune pour la perche IOR), puis installation du génois à la place du solent (faut pas déconner, on a du retard à rattraper), puis recourses : j'en ai marre ils ne pensent qu'à bouffer et à boire ! 'Valérie, tu ne crois pas qu'il faudrait racheter des bières ? Mais si tu veux, j'y vais moi ... Ah et puis pendant que tu y es reprends un peu de rosé, 6 ou 8 bouteilles,..., tu crois qu'il y a assez de viande ? Ah bon d'accord alors ...' De toute façon j'aime pas la bière ! :-)))))))))) 
Ici chacun a trouvé ses marques : Alain nous fait de super petits plats et apprend la voile trop vite, Roland fait des listes et marque tout (du coup on s'y met tous), Jean-Pierre révise le chinois, l'allemand et nous dit les grâces avant chacun des délicieux repas d'Alain, François se met à faire des listes et à marquer tout à l'indélibile et moi, grâce à mes points de sutures je suis condamnée à barrer et il ne faut surtout pas que je fasse la vaisselle :-)))) 
 'Tu te rases tout les matins Roland ?'(François)
'Ah oui, ma maman m'a fait promettre de ne boire que si je suis rasé ...' (Roland) 


À tout de suite :-) 
PS : Merci à ma cope Virge qui mettra nos textes sur le blog quand nous serons partis et plein d'énormes bisoux à mes chéris.

L' amateur débutant est prêt ... (Alain)

Quelques manœuvres bien effectuées, les œufs sur le plat avec un peu de bacon, prendre quelques ris, bref tout pigé avant une équipe de choc qui parle drisse et couture tout le temps :) le vent est là et les patchs scopoderm aussi donc let's go for it.

Le mot du capitaine

Il paraît que je sais bien m'entourer. C'est vrai dans ma société comme dans ma mairie. C'est encore plus vrai sur Atika. Nous formons une équipe dynamique, déjà soudée et prête à tout affronter. Départ demain à la tombée de la nuit. Vent d'Est force 6, tout baigne. (François)

Bonjour André on a des pb d'électricité (Jean-Pierre)

Rolland a tout prévu y compris les quarts mais on est pas encore partis ! Beaucoup de bricolage. La nourriture est à bord avec 240 litres de fuel en supplément pour les calmes plats en arrivant aux açores. Il pleut tous les jours mais ça ne dure pas!

Préparatifs quasi terminés, équipe épuisée

De surprise en surprise, chaque jour on se dit 'allez demain on part'. Mardi et mercredi, recherche active de bouteilles de gaz sur toute l'île de Saint Martin puis finalement départ pour Saint Barth où François en a trouvé deux ! Allez cette fois demain on part. Ce matin, plus de batteries et donc retour à la case départ pour rdv avec électricien demain matin et ensuite cette fois on part, à 17h, ouverture du pont de Simpson Bay. Cet aller retour á Saint Barthélémy nous a permis un bon échauffement, aller au près par 20nds de vent et retour sous spi avec pointe de vitesse du bateau à 21,7 nds. "oui, oui, ça nous a beaucoup servi d'aller à Saint Barthélémy, on a bien manœuvré, rangé,on s'est bien familiarisé avec le bateau ..." (Roland) Saint Barthélémy a aussi été une séquence urgences avec 4 points de suture pour Valérie.

Les Dieux ne sont pas encore avec moi (Val)

J'ai un passeport dont les droits ont ete prolonges et avec lequel je voyage regulierement.

 Au comptoir pour l'enregistrement la fille me dit "votre passeport est perime" "Non non il a ete prolonge" "Madame, ca ne marche pas pour saint martin" ENORME STRESS je me vois deja rentrer a Villennes, vision d'horreur, ..., apres 3 coups de fil le verdict tombe ; "Madame, vous ne pouvez pas prendre cet avion". 
Je vous entends dire "bah oui, c'est evident !" Et bien apparemment, ce qui l'est pour vous ne doit pas l'etre pour moi :-)
Quelques minutes de panique et de honte plus tard : avec AIR CARAIBES tout est possible : je prends un avion pour Fort de France a 12h, puis demain matin un avion pour saint martin cote francais. J'arrive a 9h, pile pour la livraison de l'avitaillement prevue a 10h ... ouf, ils n'ont pas eu ma peau (a moins que ce soit un coup des garcon ...).

ATIKA II, le retour (Val)

L'atlantique à l'envers



Stupéfaction.
Éblouissement.
C'est à mon tour de jouer dans une liberté totale.
Et pourtant ... peur insidieuse. La peur de l'inconnu.
Et voilà que du jour au lendemain, la Grande Aventure se dressait devant moi, redoutable comme une question posée par les dieux : 
"Sauras-tu faire de ton rêve une réalité ?" ...
Bernard Moitessier




ATIKA et Francois reviennent, avec à leur bord Jean-Pierre, Roland, Alain et Valérie.
Arrivée à Saint Martin aujourd'hui, préparation du bateau et avitaillement mardi, essai en mer mercredi, puis première nuit à l'ancre pour un départ jeudi 17 mai, direction les açores.

Je dédie cette première traversée à ma Granny, partie ce we pour son dernier voyage.J'ai eu la chance de pouvoir lui dire adieu hier, à Fécamp par une journée magnifique et une mer exceptionnellement calme. (Val)