Une journée démarrant à 0H01, nous allons nommer ces premières heures :
"Les fourberies du spi asy!"
Les quarts se déroulaient dans la nuit, avec un bon vent apparent qui
oscillait entre 15 et 20 nœuds. Nous avions monté (nous voulons dire les
slaves Valérie et Alain avaient monté avec un plaisir non dissimulé le spi
asymétrique d'une surface de l'ordre de 180 M2 (une belle petite maison en
surface habitable!)).
Tout allait bien, nous avions depuis le début de la soirée retrouvé des
vitesses appréciables avec un 14/15 nœuds de moyenne voir pointes à 20
noeuds.
La dépression nous suivait, les grains étaient de plus de plus fréquents
passé minuit, nos quarts se déroulaient sous la pluie avec les bonnes
tenues bien imperméables. La mer était un peu mouvementée, mais en vent
quasi arrière nous surfions sur les vagues, sentiment très agréable de
vitesse sans être trop chahuté, avec vers 22H un nouveau dauphin venu
s'amuser dans le sillage à l'arrière du bateau pour nous faire quelques
sauts.
Mais à 4H55 Alain crie "le spi s'emballe et part en torche". Valérie
également de quart saisie la drisse pour le retendre. François qui venait
de nous laisser pour aller prendre un peu de repos revient. Il prend la
barre, Valérie bondit sur l'avant du bateau , Alain la suit pour la
sécuriser et l'aider à mettre la main sur ce spi devenu fou. Impossible de
reprendre la main à l'avant aussi simplement que souhaité, tout s'emballe.
Le renfort arrive, Jean Pierre prend la barre et Roland étudie la situation
quelque peu complexe. Valérie et Alain s'affairent à attraper le spi par le
bas pour qu'il se dégonfle, François nous rejoint, chaque nouveau petit
souffle de vent regonfle le bas du spi, prêt à nous emporter en l'air.
Il est impressionnant de constater la puissance, la force monumentale et ultra
rapide que prend même un tiers de ce spi quand il se gonfle (d'ou je pense
l'expression "ne pas faire le poids" ou encore "tu ne fais pas ton poids
!". Valérie essaie avec un bout de ficeler le bas du spi, Alain et
François sont aplatis sur une partie du spi sur l'avant et s'accrochent au
fil de survie fixé au filet avant, pas le choix, il ne faut pas le laisser
partir au risque de le perdre. Et ce sans oublier une bonne grosse pluie
bretonne qui s'abat sur nous. Valérie avec Roland déclenchent une nouvelle initiative, faut
le descendre, c'est parti, on s'accroche, il commence à descendre mais reste
emmêlé au milieu avec le foc avant par la drisse de la chaussette du spi
(pour les non connaisseurs, la chaussette est une poche de la longueur du
spi dans laquelle on enfile le spi pour le rabattre et le ranger).
Cela nous aura pris une bonne heure et demi pour abattre ce spi devenu fou,
nous sommes totalement épuisés, incroyable le niveau d'énergie à concentrer
pour ce type de manipulation par mer agitée sous pluie battante. Personne
n'est tombé à l'eau, le risque majeur qui nous pendait au nez, Valérie,
François et Alain restaient toujours très proches pour s'agripper l'un à
l'autre et éviter une glissade. Chacun rentre au chaud totalement trempé de
la tête aux pieds pour prendre une bonne douche chaude et se faire un bon
thé du matin, sans oublier l'orange pressée. Mais à l'inverse des
précédents petit-déjeuners, celui-ci a sonné l'heure d'une sieste bien
méritée pour attendre quelques heures, reprendre une météo et prendre les
décisions qui s'imposent.
Ce dimanche, après le réveil de notre sieste utile, le temps se calme, le
vent à chuté, soleil jusque 14H pour passer à nouveau sous la pluie. Nous
avons pu heureusement apprécier un riz cantonnais fait par Valérie en
terrasse avant la grisaille. Vent de 2 noeuds, donc nous avançons au
moteur, sous la pluie.
Plus que 820 miles à parcourir, et toujours pas vu madeleine.
(Alain)
Position : 33°55.63N et 44°04.56W, cap au 87°.
Bises à tous :-) (Valérie)
Je suggère modestement de ne pas envoyer le spi la nuit...
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