Vendredi et Samedi



Vendredi 25 mai AM, un épisode inattendu que nous nommerons : "Le grand
bleu et ses ailerons".
Tout commença vers 15H après bien entendu un bon déjeuner, un peu de voile,
de spi à monter et descendre pour Valérie et Alain lorsque notre capitaine
François soudainement suggéra une baignade, la dernière ... réaction
unanime de tout l'équipage toujours au milieu de rien, de cette galette
océanique sans fin par 5000 mètre de fond, allons-y. Mise en place d'un
bout de sécurité pour remonter au cas où; Jean Pierre reste sur le bateau, et
voilà notre François dans l'eau, suivi de Roland et Alain dans un grand
bleu extraordinaire. C'est alors que Valérie nous rejoint avec sa main dans
un sac plastique bleu (un peu gênant pour les avions qui nous survole, mais
pas le choix pour ne pas mouiller sa blessure). Après une dizaine de minutes
de nage par 20 mètres aux abords du bateau, 8 ailerons apparaissent à
l'horizon. Il est vrai que dans cette immensité pleine de vie, les animaux
marins ont vite tendance à faire preuve d'une grande curiosité, voir
parfois d'appétit. Donc sans attendre, tout le monde au cordage pour
remonter illico, plus rien à l'horizon et lorsque le dernier pied fut mis
hors de l'eau, les ailerons re-surgissent sous le bateau ...
ce que vous venez de lire est le scénario que nous avons décidé d'écrire
pour les dents de la mer N°4, mais la vérité n'est pas très éloignée, vous
allez voir. Ne nous en veuillez pas pour ce petit passage d'angoisse
intense :)).
Nous nous sommes en effet baignés à 1800 km de tout littoral, personne à
l'horizon, je vous l'assure, pas un baigneur et une mer à 22°. C'était
extraordinaire mais sincèrement nous n'en menions pas large, et au bout de
10 minutes et un peu froid nous sommes remontés. Puis avons repris la route
(les fameuses routes qui font l'objet de grands débats entre nos 2
navigateurs de talents)et même pas 5 mn après notre remontée, Valérie nous
crie, j'ai vu un poisson sauter droit devant, en guise de poissons, il
s'agissait de 8 dauphins qui nous avaient repéré pendant notre baignade et
venaient nous rejoindre pour jouer et naviguer avec nous à l'avant du
bateau pendant une dizaine de minutes en rasant les étraves. Une scène extra
avec des places VIP sur l'avant d'Atika.
Bref à nouveau une très belle journée, mais cette fois ci Jean-Pierre n'a
pas touché au chocolat (ouf), Roland recalcule les heures et déclenche
l'apéro et pour fêter notre arrivée à mi parcours, François nous sort un
bloc de foie gras du frigo avec un demi Sauternes grand cru bien frais.
Puis nuit calme, avec nos quarts respectifs toutes les 2 heures.
Petits focus sur les quarts avec un merci collégial à Roland qui a initié
cela. Chacun se trouve en binôme de quart 3H en journée, et 2 heures de
nuit. Etant 5, nous devons parfois faire des quarts rapprochés avec
seulement 2 H de sommeil au lieu de 4 et là se déclenche la magie solidaire
de l'humanité ... en effet, on triche un peu pour rendre service à l'autre,
lorsque l'on n'a pas trop sommeil, on empiète pour réduire le temps du
suivant, c'est cool.
Ps : nous n'avons toujours pas vu Madeleine...
Samedi 26, réveil en fanfare.
Roland étant de quart de 4 à 6H prolonge son quart et laisse Alain dormir
dans le carré. Nous avions laissé nos 2 lignes tendues lorsqu'à 7H, bzziii
c'est parti, Roland tente de réagir, Alain bondit de son sommeil et paf,
c'est une bonite de 3 kg pour notre déjeuner. Alain remercie Roland pour
son heure de sommeil gagnée, lequel suggère alors de monter le spi
asymétrique pour gagner un nœud. Conclusion, Alain ne se lèvera plus pour
relever les lignes la nuit, la règle est claire : un poisson remonté, un
spi à monter !!
Jean Pierre se réveille et prend la barre, grand calme au milieu de
l'océan, nos co-équipiers poursuivent la nuit jusque 10H.
Roland fait les calculs, il nous reste 932 miles à parcourir, le ciel se
couvre derrière nous, nous surveillons de prêt la dépression, une longue
houle significative commence à apparaître....
Une heure plus tard 1er grain qui passe sur notre bâbord et rafales
immédiates. La vitesse explose avec de longs moments à 17-18 nœuds et une
pointe à 21. Une heure après, calme presque plat, nous descendons le spi
pour marcher sur un moteur et recharger les batteries. 1/2 heure après, le vent
reforcit et nous remontons le spi. Voici notre vie à bord !
Nous avons bien sûr mangé le thon à midi en sashimis avec wasabi, gingembre
confit et
soja (merci Isa, j'en profite pour te dire que je pense à toi :-))(Valérie).

la suite au prochain épisode...

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